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1831-1964. 2° RÉGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE..


Historique — Insignes — Étendard — Décorations — Devise

Lieutenant-colonel Henri AZEMA (1931-2014)

Lieutenant-colonel Claude AÏCARDI (1936-2015).

Auteurs Fascicule historique des chasseurs d'Afrique.

Nouvelle rédaction: 30 août 2025

DEVISE : « EN AVANT, TOUT EST VOTRE » .

1831. Adaptation de la phrase lancée par Jeanne d'Arc au siège d'Orléans le 7 mai 1429 : "Tout est à vous, et y entrez", a été adoptée alors que le régiment se préparait à libérer la France. 

HISTORIQUE.

Créé par ordonnance royale du 17 novembre 1831, le 2ᵉ Régiment de chasseurs d’Afrique est formé en France avec des effectifs prélevés sur le 3ᵉ Dragon et le 6ᵉ Chasseur à cheval. Il débarque à Mers-el-Kébir, le 23 mars 1832.

Premières campagnes (1832-1871).

L'Algérie. Le régiment opère principalement dans la province d’Oran contre l'émir ABD-el-KADER. En 1835, prise de Mascara, l'occupation de Tlemcen, la Sickak (5 juillet 1836), Sidi -Rached, Sidi-Youssef (1843), puis, le 14 août 1844, Isly, où le 2ᵉ chasseur du colonel MOTIS met en déroute les cavaliers marocains et s'empare de huit étendards. Le régiment stationne ensuite à Oran, Tlemcen, Sédou.

La CriméeLe régiment est à l'armée d’Orient de 1854 à 1856 avec la 1ʳᵉ division de cavalerie. Il combat à Ttaldir, à Kertch, participe à la prise de Sébastopol le 7 septembre 1855. Il sera de retour en Algérie, à Oran, le 6 mai 1856.

Le Maroc 1859 - La Chine 1860. Jusqu’en 1860, le régiment mène des opérations sur la frontière marocaine. En 1860, trente chasseurs du régiment participent à une expédition en Chine.

La campagne du Mexique 1862-1867. De 1860 à 1867, le régiment est engagé au Mexique. Il combat à Vera-Cruz, San-Pablo-Del-Monté, San-Lorenzo, Mexico, San-Antonio, participe à la prise de Puebla en 1863 et en 1864 au siège d’Ojaca. 

Le régiment, de retour en Algérie le 28 mars 1867, y retrouve les éléments restés sur place qui ont participé à la répression de l’insurrection du sud oranais (avril-mai 1864). En mai 1869, le régiment se fixe à Tlemcen.

La guerre franco-allemande 1870-1871. Embarqués pour le France le 31 juillet 1870, le 2ᵉ RCA est dirigé sur Metz et placé à l'armée du Rhin. Il combat à Mars-la-Tour et charge à Rezonville le 16 août.

Période (1871-1914).

L'Algérie ; de retour en Algérie, un escadron participe à l’expédition en Kabylie en juin 1871. En avril et mai 1882, deux escadrons participent dans le sud oranais à la répression d’une novelle insurrection. Réduit à cinq escadrons, il stationne à partir de 1887 à Tlemcen (PC), Oran (un escadron), Mécheria ((un escadron).

De 1907 à 1913, le régiment est employé à la pacification du Maroc oriental.

La grande guerre 1914 – 1918 

Embarqué pour la France début août 1914, le 2ᵉ RCA se scinde en deux demi-régiments : les 2ᵉ et 4ᵉ escadrons, forment avec deux escadrons du 1ᵉ RCA le régiment de marche de chasseurs d’Afrique (devenu le 1ᵉ RMCA), les deux autres deviennent escadrons divisionnaires.

Les unités combattent sur l’Ourcq en septembre, en Artois puis dans les Flandres (la bataille d’Arras). Le 19 février 1915, les deux escadrons détachés au 1ᵉ RMCA rejoignent les escadrons divisionnaires pour former le 2ᵉ régiment de marche de chasseurs d’Afrique.

Affecté à la 1ᵉʳ brigade de marche de chasseurs d’Afrique en juin, il participe à la guerre des tranchées et retrouve sa dénomination initiale, le 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique, le 30 juillet 1916. À la 10ᵉ division de cavalerie de janvier à mai 1916, il prend le service aux tranchées dans le secteur de Fûllen et assure la surveillance de la frontière suisse.

Devenu le régiment de cavalerie du 34ᵉ corps d'armée en juin 1916, il est à nouveau scindé en deux groupes d’escadrons ; le 1ᵉʳ est affecté à la 133ᵉ DI, le second à la 157ᵉ DI.

Le régiment opère à cette date dans le secteur de Verdun. Le régiment étant dispersé, son état-major est dissous le 31 décembre 1916. Regroupé près de Dunkerque en août 1917, il opère en Belgique, participe à la bataille des Monts en mai 1918. Le 2ᵉ escadron est affecté à la 133ᵉ DI, le 3ᵉ escadron à la 29ᵉ DI. Ce dernier opère en Thiérache lorsque l’armistice est signé le 11 novembre 1918.

L’entre-deux-guerres 1919-1939.

Après l’armistice du 11 novembre, le 2ᵉ RCA affecté au corps d'armée colonial fait partie en mars 1919 des troupes d'occupation en Allemagne. Rassemblé en juin à Langen et Weitterstadt il rentre en Algérie en novembre et rejoint à Oujda ses éléments restés au Maroc durant le conflit. Ces unités ne sont pas restées inactives et y ont assuré le maintien de l’ordre.

Trois escadrons nouvellement créés le 1ᵉʳ avril 1915 et portant les numéros 5, 6, 7 forment le 2ᵉ régiment de marche du 2ᵉ RCA. C’est dans la région de Taza que cette unité de circonstance assurera sa mission. Regroupé au Maroc en novembre 1919, le 2ᵉ Rᵉ CA est dissous à Oujda le 15 septembre 1922. Recréé le 15 octobre 1922 en Algérie, le 2ᵉ RCA (ex 6ᵉ RCA) stationne à Mascara et Tlemcen (un escadron). Il est affecté à la 2ᵉ brigade de cavalerie d’Algérie.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945

1939-1940. Pendant la campagne de 1939-1940, le régiment reste en Afrique. Le 1ᵉʳ septembre 1939, le 2ᵉ RCA, devenu avec d’autres unités le 182ᵉ GRDI, est subordonné à la 16ᵉ brigade motorisée. Fin mars 1940, il quitte sa zone de stationnement Perrégaux pour la région de Tébessa, puis passe en Tunisie et se positionne dans la région de Gafsa. Début juillet, il rentre à Mascara et reprend sa dénomination d'origine, 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique, le 1ᵉʳ novembre 1940.

L’armée d'Armistice ; en 1942, le 2ᵉ RCA est entièrement motorisé, il est doté d’AMD et de chars D1. Il est stationné à Mascara, Saïda puis Oran et Missenghin, et entre dans la composition de la brigade légère mécanique. Du 8 au 10 novembre 1942, le régiment s’oppose au débarquement des Alliés sur la côte africaine.

La campagne de Tunisie ; engagé contre les forces de l'Axe depuis novembre, le 2ᵉ RCA est notamment au combat de Thala le 23 février 1943. Début mars, il est de retour à Oran où il est rééquipé en matériel américain. Devenu régiment de chars, le 2ᵉ RCA est en compte à la 1ʳᵉ division blindée et, en prévision du débarquement en Provence, se perfectionne dans le sud oranais.

La libération de la France et d'Allemagne ; le régiment embarque le 2 septembre 1944 à Mers-el-Kébir et débarque le 9 septembre à Sainte-Maxime. Remontant la vallée du Rhône, il est engagé le 29 septembre au nord de Lure, opère ensuite dans les Vosges dans la région du Thillot, de Cornimont, puis en Haute-Alsace : Brunstatt, Pfetterhouse.

Le 19 novembre, il atteint le Rhin. Combat autour de Mulhouse les 20 et 23 novembre, Burnhaupt-le-Bas, et bataille à Colmar en janvier 1945. En avril, il est à Obernai. Le 12 avril 1945, il franchit le Rhin à Maximiliansau.

La première division blindée. En savoir plus

Le 2ᵉ RCA traverse le pays de Bade, Offenburg, Freiburg, le 22 avril, puis opère sur le haut Danube, entre en Autriche le 1ᵉ mai, et, le 8 mai, il est à Aach et Domsletten. Après l'armistice, il fait partie des troupes d'occupation et tient garnison à Trèves en juillet 1945, puis à Kons Karhaus en septembre.

L’après-guerre.

Rentré en France début octobre 1945, il séjourne à Angoulême, Fontenay-le-Comte et au camp de la Braconne jusqu’en avril 1946. Le 5 mai 1946, il embarque à Marseille pour l’Algérie et débarque à Oran le lendemain. Regroupé en Algérie, le 2ᵉ RCA retrouve son ancienne garnison Mascara et passe au type régiment de reconnaissance montagne. Il compte alors un EHR, un escadron de chars légers, deux escadrons d’AM et un escadron de spahis qui sera dissous le 29 juillet 1946. D’abord affecté au GI nᵒ 2, il devient le régiment de reconnaissance de la 21ᵉ DIA et s’installe à Tlemcen en 1949. En 1954, un groupe léger est constitué. Il rejoindra la Tunisie en juin 1954 et assurera le maintien de l’ordre dans la région de Gafsa.

La guerre d’Algérie 1954-1962.

À partir de novembre 1954, le régiment assure le maintien de l’ordre autour de Tlemcen. Plusieurs escadrons sont détachés : le 3ᵉ dans les Aurès de novembre 1954 à janvier 1955, le 1ᵉ et le 4ᵉau Maroc d’août à octobre 1955. De septembre 1956 jusqu'en août 1962, le régiment opère près du barrage Ouest à la frontière marocaine (12 DI), soit 135 kilomètres de lignes électrifiées dans les secteurs de Sebdou et d'El-Aïcha.

En 1959, le 2ᵉ RCA compte un escadron de commandement et de soutien (ECS), deux escadrons d’AM, un escadron de chars et un escadron de chasse, le 2ᵉ, nommé commando 127. Chaque escadron dispose d’une harka. En septembre 1962, il est affecté à la 4ᵉ division et regroupé à Sidi-Bel-Abbès.

Embarqué à Mers-el-Kébir le 18 juin 1964, il débarque à Marseille et rejoint Orange où il fusionne avec le CI/11ᵉ Cuirassiers pour former le 2ᵉ régiment de chasseurs qui conserve son étendard et ses traditions.

LES MONUMENTS 

Thierville-sur-Meuse (Meuse).Statue FRETISSON (chasseur du 2ᵉ R.C.A. qui s’était rendu célèbre lors des combats de 1835). Abdelkader). Monument (œuvre du sculpteur Henri BOUCHARD. (1914), offert par la ville de Sidi-Bel-Abbès (Algérie), élevé à l’entrée du quartier du régiment à Tlemcen (Algérie).

Monument transporté en 1962 à Saumur (Maine-et-Loire), en 1964 à Orange (Vaucluse) et depuis 1967 à Thierville-sur-Meuse (Meuse), quartier Maginot. 1ᵉʳ Régiment de Chasseurs.

Rosenau (Haut-Rhin). Inauguré en 1968, au rond-point de la rue du Moulin, "Rhin-Danube". Les anciens de la 1ʳᵉ Armée, promoteurs du mémorial érigé en souvenir du lieutenant De LOISY qui a atteint le Rhin le 19 novembre 1944 à Rosenau en tête des armées alliées.

À l'occasion de la venue des élèves officiers de Saint-Cyr (Morbihan), en novembre 2008, le mémorial a été rebaptisé pour l'évènement "Mémorial Jean de LOISY. 

Monument de Rosenau. (Collection privée de Richard KLARZYNKI, généalogiste-historien).

Sainte-Maxime (Var). Au sein du quartier de la Nartelle, une stèle présente en bordure d'un parterre d'arbustes, proche de la plage, honore le débarquement du régiment. 

Inscriptions sur le monument. En 1944, le 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique débarque sur cette plage, il atteignit le Rhin, le 1ᵉʳ des troupes alliées le 19 novembre 1944 à "Roseneau" (Alsace) et continue à abattre l'armée allemande jusqu'en Autriche.

Note: Erreur de transcription : Rosenau

Floing. Au cœur des Ardennes (vallée de la Meuse) : Sedan-Charleville-Mézières. Dans l'enceinte du monument national des Chasseurs d'Afrique, derrière la nécropole nationale 1939-1945, figurent entre autres 12 stèles dédiées à la mémoire des régiments de chasseurs d’Afrique.

Mémorial « À l’honneur de la cavalerie française ». Charges héroïques des cavaliers du général MARGUERITE, pour l’honneur dans une situation désespérée face à l’artillerie prussienne et bavaroise (1870).

Stèle du 2ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique (collection privée de Guy PEINTURIER.)

Hormis les monuments aux morts (lieu de naissance), du Var (via les Vosges et la Bourgogne) à l'Alsace sont présentes des plaques commémoratives, des rues et des édifices publics qui portent le(s) nom(s) du régiment ou des soldats tombés lors des combats de la libération.

Arceau, Dijon (21), col de la Chevestraye (70), Bernwiller, Galfingue, Fessenheim, Mulhouse,  Waldighoffen, Schoenensteinbach, Heimsbrunn, Morschwiller, Rixheim, Brunstatt (68), Casablanca, Rabat (Maroc)... 

LES INSIGNES. 

Quatre insignes de tradition; 1935-1940/1942-1943-1944/1945.

1ᵉʳᵉ insigne. 1935. Le lieutenant-colonel LESNE (chef de corps 1931-1936) lance un concours afin de doter le régiment de son 1ᵉʳ insigne de tradition.

Le projet d'un jeune sous-lieutenant sorti de l'École spéciale militaire est retenu.

Un cavalier sur un cheval à bascule doté de phares noirs et de roulettes (évocation de la motorisation), le tout posé sur un fer à cheval fermé par soutache (bleu à pince d'argent) frappé du chiffre "2" et de l'inscription "CA".

L’insigne est la matérialisation du ressenti par l’humour du dessinateur que les aléas de son classement de sortie de l'École spéciale militaire le contraignent d'être au 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique. Il exprime son mécontentement en se représentant transpirant abondamment, « se faisant suer » au propre et au figuré.

2ᵉ insigne, 1940-1942. Le second insigne est créé à la demande du lieutenant-colonel ADOL.

Un fer à cheval d'argent sur fond bleu clair à deux chevrons d'or frappé d'une bande rouge à trois raies noires portant une tête de cheval blanche caparaçonnée d'argent (évocation du blindage des véhicules) marquée du chiffre « 2 ».

Le fer à cheval rappelle les éléments hippomobiles du régiment. Les deux chevrons d’or sur fond bleu remémorent les deux soutaches des pattes de collet portées à l’époque.

Une bande rouge aux trois raies noires évoque la chéchia portée par les régiments de chasseurs d’Afrique. Contrairement à une idée reçue et diffusée, les trois raies noires ne sont nullement un signe de deuil marquant les charges du 1er septembre 1870 à Floing. Il s'agit seulement de la différence avec la chéchia des Zouaves.

Les couleurs bleue et or pour Jonquille sont les couleurs de tradition des Chasseurs d'Afrique.

3ᵉ insigne. 1943. Un troisième insigne est produit à la demande du Lieutenant-Colonel SUDRE *

Un écu bleu à la bordure d'argent portant en pointe le chiffre "2" surmonté de trois chevrons d'or. Ces derniers rappellent les trois soutaches des pattes de collet des troupes d'Afrique adoptées par une note de la direction de la cavalerie en date du 16 septembre 1941.

Les couleurs de tradition des chasseurs d’Afrique, bleue et or jonquille, sont reconduites dans la conception de ce nouvel insigne.

4ᵉ insigne. 1945. Créé à la demande du lieutenant-colonel LODIN De LEPINAY par le chasseur ALBALADEJO en février 1945 (homologation le 10 juin 1947 – H 155).

Le buste de chevalier d'argent porte la croix de Saint-Louis reposant sur un écu espagnol taillé de jonquille et de bleu foncé à la bordure d'argent frappée de la devise "En avant tout est votre »" et portant en pointe un huchet (cor de chasse) d'argent contourné surmonté du chiffre "2" d'argent.

Le buste de chevalier évoque le blindage des chars en dotation à l'unité.

La croix de Malte (Saint Louis), l'emblème de la 1ʳᵉ division blindée qui figure sur son insigne, rappelle que le 2ᵉ R.C.A. en fait partie.

L'écu espagnol évoque le département d'Oran, lieu de stationnement du régiment, où vivaient de nombreux espagnols.

Le huchet est l'attribut de toutes les unités de chasseurs dans la cavalerie. Il est dit contourné, car incorrectement représenté, le pavillon étant à gauche au lieu d'être à droite.

L'ÉTENDARD.

INCRIPTION  La Sickak 1836 – Isly 1844 – Sébastopol 1855 – Solferino 1859 – Puebla 1863 – Maroc 1907.1913 – L'Ourcq 1914 – Thiérache 1918 – Mulhouse 1944 – Bade 1945 – Afrique du Nord 1952.1962.

L’étendard du 2ᵉ Régiment de chasseurs d’Afrique est conservé dans la salle d’honneur du 1ᵉʳ Régiment de chasseurs à Thierville-sur-Meuse (Meuse).

DÉCORATIONS — DISTINCTIONS.

Médaille d'or de la ville de Milan – Mérite militaire chérifien – Croix de guerre 1939/1945 avec palme.

Médaille d'or de la ville de Milan. Décoration militaire décernée à l’occasion des célébrations du cinquantenaire de la campagne d’Italie (1859/1909). Seconde guerre d’indépendance italienne qui affronte l’armée franco-piémontaise à celle de l’empire autrichien. (Réunification de la Lombardie au royaume de Sardaigne et base de la constitution du royaume d'Italie.)

Médaille attribuée à chaque formation ayant participé à la campagne d’Italie et aux quatre batailles de Montebello, Palestro, Magenta et Fermo. Quatre-vingt-six régiments de l’armée française ont reçu cette médaille, parmi lesquels le 2ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique.

Mérite militaire chérifien.Institué en 1910 au Maroc, par le sultan Moulay HAFID, le mérite chérifien est une décoration rare, un ordre à classe unique (il ne s’agit pas d’une médaille). Elle fut la plus haute distinction chérifienne accordée exceptionnellement à une autorité ou à un régiment étranger.

Peu de drapeaux régimentaires ont obtenu cette décoration. Parmi les récipiendaires, les généraux Alfred René TEXIER (1882-1978). Édouard MERIC (1901-1973). Georges CASTROUX (1877-1969). Henri GIRAUD (1879-1949). Hubert LYAUTEY (1854-1934), Alphonse JUIN (1888-1967). Jean de LATTRE de TASSIGNY (1889-1952) et le général américain George PATTON (1885-1945).

Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze. Décoration militaire attribuée au régiment ayant fait l’objet d’une citation pour fait de guerre (la palme de bronze correspond à l’attribution d’une citation à l’ordre de l’Armée. 

1ᵉ octobre 1945. Citation du régiment N°1215.

« Magnifique régiment de chars, remarquablement instruit et commandé par le colonel de LEPINAY, a participé à tous les combats des campagnes de FRANCE et d'ALLEMAGNE du 25 septembre 1944 au 8 mai 1945.

Le 26 septembre 1944, dans un magnifique élan, a enlevé le col de la CHEVESTRAYE et jusqu’au 25 octobre a appuyé la progression des éléments d'infanterie sur les cols des VOSGES.


Le 19 novembre, en tête des éléments chargés d’exploiter la rupture du front ennemi dans la région de DELLE, a bousculé toutes les résistances adverses et, progressant de 60 kilomètres en 6 heures, a, le premier de l'armée française, atteint, avec le groupement GARDY, le Rhin à ROSENAU.

L'armée du 20 et du 21 novembre a libéré MULHOUSE et ses faubourgs par des actions de surprise hardiment construites, faisant plus de 1 500 prisonniers. A arrêté, les jours suivants, les contre-attaques de l’ennemi, devant MULHOUSE et l’île NAPOLEON

Avec le groupement, DEWATTRE a atteint le pont d'ASPACH le 29 novembre, réalisant la liaison avec les éléments amis venus de l’Ouest. 

Lors de la liquidation de la poche d'ALSACE, a fourni aux unités d'infanterie l’appui de ses chars dans la bataille de rupture à CERNAY le 28 janvier, à SCHOENSTEINBACH les 1er et 2 février, à PULVERSHEIM le 3 février, puis, le 5 février, a atteint SAINTE-CROIX-EN-PLAINE, faisant la jonction avec les éléments amis venus du Nord.

Franchissant l'Ill le 7 février, il a atteint, le 9 février au matin, le premier, le pont de CHALAMPE, objectif final du corps d'armée.

Lancé le 13 avril en plaine de BADE, triomphe, par la précision de ses tirs et la souplesse de sa manœuvre, de toutes les résistances rencontrées, détruit de nombreux canons anti-char, enlève OFFENBOURG le 15 avril et force l’entrée du KINSIGERTAHL hérissé de casemates.

Le 20 avril à TENNINGEN s’empare d’un pont sur l’EIZ. Amorce aussitôt le débordement de FRIBOURG par l'ouest et pénètre dans la ville le 21 au soir. 

Parvenu le 26 avril dans la région du HAUT-DANUBE, il force l’ennemi à abandonner UBERRACHEN et ASHDORF, clôturant ainsi une longue série de combats victorieux.

Régiment d'élite sans cesse à la pointe des combats, a, au prix de durs sacrifices, contribué par une large part à la libération du sol national et à la victoire finale, et maintenu bien haut les légendaires traditions de bravoure et d'audace de la cavalerie française.

Citation du 4ᵉ escadron à l’ordre de l’Armée.

 « Magnifique escadron de chars qui, aux ordres d’un chef ardent et brave, le capitaine de LAMBILLY a pris une part importante aux opérations de Haute-Alsace du 19 novembre 1944 au 9 février 1945.

Le 19 novembre, après un raid épique de 60 kilomètres à travers les lignes ennemies, est arrivé au Rhin le premier de l’Armée française, bousculant vigoureusement toutes résistances et faisant près de 300 prisonniers.

Le 21 novembre est entré le premier dans MULHOUSE, atteignant d’un bond rapide les ponts de la Doller qu’il réussit à saisir intacts. A pris une part active au nettoyage des casernes où étaient retranchés d’importants contingents ennemis. Le 26 novembre, au prix de durs sacrifices, participe à la prise de HEIMSBRUNN défendue par de nombreux chars lourds.

Les 4 et 5 février a enlevé dans un élan irrésistible les villages de PULVERSHEIM, REGUISHEIM et MEYERHEIM et poussé vers une pointe hardie sur SAINTE-CROIX-EN-PLAINE où il a pris liaison avec les éléments alliés venant du nord.

Durant ces dernières opérations, a anéanti des centaines d'ennemis, capturé 300 prisonniers et saisi un important matériel de guerre. »

BILAN DES COMBATS 1944-1945.

Hors les victimes des combats de 1942 (débarquement des forces anglo-américaines). Novembre 1942), de la campagne de Tunisie (1943) et de la présence dans les zones d’entrainement du régiment dans la région d’Oran.

Tombés au champ d’honneur. 70 (officiers, sous-officiers, brigadiers--chefs, brigadiers et chasseurs) et près de 150 blessés. Sources. Ouvrage : 2ᵉ R.C.A. au combat 1942-1945.

15 du 1ᵉʳ escadron – 12 du 2ᵉ escadron – 22 du 3ᵉ escadron – 12 du 4ᵉ escadron et 9 de l’escadron hors rang.

Dans ce bilan, durant 25 jours de combats en Allemagne, le 2ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique a laissé 25 chars Sherman et 7 chars légers, et perdant 23 morts et plus de 70 blessés.

Un recensement différent !

Une plaquette dédiée à la 1ʳᵉ division blindée fait un état numérique des pertes subies au sein de la division (sources : octobre 1987).

Elle identifie pour le régiment : 4 officiers tués, 89 sous-officiers et hommes de troupe tués ; 12 officiers blessés et 133 sous-officiers et hommes de troupe blessés ; 12 disparus.

Entre novembre 1942 et mars 1943, la Brigade légère mécanique (BLM) perd 23 officiers, 810 sous-officiers et hommes de troupe (tués, blessés ou disparus).

Sources : la 1ʳᵉ division blindée – Combats en forêt de la Hardt. Tome II du remarquable ouvrage de Jacques GOUVIER (ancien de la 1ᵉ DB).