Au lendemain du débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, dans des conditions précaires, l’Armée d’Afrique va jouer un rôle capital avec des moyens dérisoires et ainsi gagner la considération des Alliés.
Jérôme LEYGAT (Campagne de Tunisie 1942 – 1943.
Actualisation 20 janvier 2026.
La campagne de Tunisie. Son histoire, étrangement ignorée aujourd'hui, marquera pourtant la renaissance de l'armée française après trois années d'humiliation.
Pour prix de cette victoire, les Alliés ont perdu environ 75 000 hommes : 11 000 tués, 40 500 blessés et 24 000 disparus. On dénombre 19 400 pertes chez les Français, dont de 2 100 à 4 500 tués.
Sources : Benoit RONDEAU – historien.
NOTE : Cette bataille acharnée sera aussi longue et dévastatrice que la bataille de Stalingrad et signalera à sa suite, selon les mots de CHURCHILL
18 – 21 novembre 1942, Constantine (Algérie).
Un détachement du 2ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique commandé par le lieutenant-colonel LODIN De LEPINAY Yvan est mis à la disposition de la brigade légère mécanisée du général Du VIGIER Jean (XIXᵉ corps d'armée) pour la campagne de Tunisie.
Le détachement est composé d’un état-major, des escadrons hors rang (capitaine De TARRAGON Léon), d’anti-chars (capitaine DEHOLLAIN) et d'un escadron de portés (capitaine VIE Michel), de deux pelotons d'automitrailleuses Witte Lafly (capitaine ANDRE Jacques) et de deux pelotons de chars (capitaine Du BOISPEAN).
Dans la nuit du 20 au 21 novembre 1942, le détachement quitte Oran et Ain Témouchent pour se rendre en train à Constantine.
SOURCES : Extraits Ouvrage 2ᵉ Régiment de chasseurs d’Afrique au combat 1942-1945 - Page 11.
Notre arrivée en Tunisie, coïncide avec celle
des pluies et les routes sont impraticables. Le peloton de SAINT-TRIVIER reste
prisonnier des eaux pendant deux jours. La progression est lente et nous ne prenons
possession du col de Sidi Bou Gobrine que le 14 décembre 1942.
J’appartiens au peloton de commandement du capitaine VIE, comme responsable des agents de transmission. Je dispose en outre d’une
excellente moto Gnome et Rhône civile à deux cylindres »flat-twin » dont les deux garde-boue sont trop près des pneus et la boue qui
s’y entasse bloque les roues tous les dix kilomètres, m’obligeant à m’arrêter
pour la dégager.Les pelotons se sont installés sur les versants qui bordent la route en direction de SIdi-Saad, : le peloton De NAUROIS avec un mortier de 81 occupe la crête N.N.O., et le peloton de SAINT TRIVIER le versant S.S.E.

Les deux blindés allemands, des AM ont stoppé et observent
attentivement le col. Nous sommes tous sur nos gardes, les cœurs battent très
vite… mais la tentation est trop forte pour le brigadier-chef CAILLOCHE qui
tient dans sa ligne de mire le buste sorti de la tourelle de l’un des chefs de
blindés qui observe le col… il lâche cependant une rafale de FM ! Ensuite, rate sa cible ! Catastrophe ! Notre présence est dévoilée et les AM se replient en
lâchant de longues rafales de mitrailleuses sur les crêtes dans lesquelles se trouvent nos pelotons.Vitrine des uniformes des soldats de la campagne de Tunisie
Musée de l'Armée Invalides.
L’inaction me pèse, aussi, ayant entendu le capitaine VIE
exprimer ses craintes de voir les Allemands ou les Italiens s’installer dans la
ferme du Russe si cela n’est pas déjà fait. Je décide de lui demander
l’autorisation de m’y rendre avec une petite patrouille pour nous assurer de la
présence ou non des Allemands.Après quelques réticences, le capitaine, sachant que j’ai déjà eu le baptême du feu en SYRIE, m’autorise à organiser cette petite mission de reconnaissance.
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| Dessin du brigadier-chef G. RATABOUL Sources 2ᵉ R.C.A au combat. |
J’envoie trois éclaireurs qui sont chargés de rechercher la présence éventuelle d’engins blindés dans la cour. Après quelques secondes, l’un d’eux vient doucement me dire dans l’oreille :




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