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20241219

1944.11.20 FRIESEN - Peloton ravitaillement.


On ne louera jamais assez le dévouement du personnel du peloton essence qui, sous la direction de son chef, le sous-lieutenant CASSASSUS, roulera jour et nuit pendant toute la durée de la campagne.

Actualisation novembre 2025.

Le peloton de ravitaillement en essence a subi, durant cette campagne, des fatigues exceptionnelles. S'il n'a connu le danger que par intermittence, il n'en a pas moins à faire face à des situations remplies d'imprévu.

Le 19 novembre, le groupement de LEPINAY marchant sur KEMBS libère FRIESEN, premier village en terre d'ALSACE, après un vif combat. Les chars sont ravitaillés en carburant à la tombée de la nuit et, le lendemain, avant l'aube, le maréchal des logis-chef OLIVE achemine ses camions vides vers le lointain dépôt d'essence pour refaire ses pleins. 

Cette opération effectuée, il reprend la route pour rejoindre le régiment dans la région sud de MULHOUSE. Vers onze heures, le convoi est en vue de FRIESEN qu'il va aborder sans méfiance, puisque quelques heures auparavant des éléments amis y stationnaient.

Il est arrivé à quelques centaines de mètres du village lorsqu'une rafale de mitrailleuse crépite. Sans doute quelques Allemands isolés qui ne peuvent pas résister à la tentation de faire un carton sur le convoi. Nos cavaliers, habitués à ce genre de surprises, scrutent calmement le terrain environnant et les véhicules continuent de rouler.

Maintenant, ce ne sont plus une seule mitrailleuse, des coups de feu qui se révèlent de tous les  côtés : des armes automatiques entrent en action, des mortiers se mêlent à ce vacarme. Il faut se rendre à l'évidence, l'itinéraire est barré. Il ne reste qu'à cher­cher une autre route pour rejoindre au plus vite le régiment qui doit recevoir à tout prix le précieux carburant.


Du geste, le maréchal des logis-chef OLIVE indique : « STOP, demi-tour ». Il est dans le camion de tête, et avec sa mitrailleuse de 50, il ouvre un feu d'enfer sur les lisières suspectes afin de permettre aux autres véhicules du convoi de faire demi-tour. Les équipages des camions ont sauté dans les fossés et font le coup de feu, pendant que les conducteurs manœuvrent leurs voitures sur la route étroite.

Le brigadier indigène S.N.P. MAHMOUD est tué d'une balle dans les reins ; le camion de Jean MARTINEZ criblé de balles prend feu ; le conducteur saute en voltige dans un autre véhicule.

NOTE : S.N.P. MAMOUD : BEN SAFIDDINE Mahmoud B Abdelkader Mohamed. Engagé sous le nom de MAHMOUD B Abdelkader Ben SAFIDDINE Mohamed B BENDJEIA

Enfin, grâce au sang-froid des conducteurs, tout le convoi peut faire demi-tour et rejoindre au début de l'après-midi le régiment tout près de MULHOUSE.

Sources extraites de la narration issue de l'ouvrage Le 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique au combat.

NOTA: Une erreur de transcription dans le prénom de MARTINEZ, José au lieu de Jean. Conducteur au sein de l'EHR.

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